
..de Bosdarros... à ailleurs...





Commençons par le numéro du 15 novembre du British Medical Journal, qui contient plusieurs études et articles sur la santé mentale et le stress professionnel des médecins, la fréquence du burnout (épuisement complet avec ou sans dépression sévère), la consommation ou l’abus de médicaments et de substances illicites ainsi que la consommation d’alcool et de tabac des étudiants en médecine.
.....Il faudrait que les usagers s’inquiètent plus souvent de la santé de leurs médecins, d’autant plus que l’on sait que l’absence de réciprocité est l’une des raisons pour lesquelles les médecins reçoivent les visiteurs médicaux.
Ils apprécient l’apparente empathie et la sollicitude de ces derniers, même si elles ne sont pas gratuites, mais constituent une technique de vente hautement intéressée ..... une intéressante voie de compréhension, pas d'excuse, ni jugement rapide....
D’autre part, la mécompréhension croissante entre médecins et patients et la pratique d’une médecine de plus en plus déshumanisée contribuent à la dégradation des conditions de travail des médecins comme de la qualité des soins . Sans parler du paiement à l'acte, de la T2A, qui pousse des médecins à voir le plus de patients possibles, en un minimum de temps, afin de gagner plus. Situation qui laisse patients et médecins frustrés et stressés, quoique pour des raisons différentes...
Voici les liens vers ces articles du BMJ en libre accès :
D’autres liens mettent en évidence le taux élevé de suicide et de dépression parmi les médecins. La dépression étant aussi l’un des facteurs explicatifs des infarctus du myocarde subis par les médecins hommes. Cet article de synthèse intitulé "Physician Suicide" estime à 400 le nombre de suicides annuels des médecins aux Etats-Unis ; le risque de suicide est beaucoup plus élevé dans la profession médicale que dans la population générale.
Le même constat est dressé par l’Australian Medical Students Association (AMSA) quant aux étudiants en médecine ..... Sur les 2.200 étudiants de sept facultés de médecine qui ont répondu aux questions, 50% ont souffert de burnout et 11% ont eu des pensées suicidaires au cours de l’année précédant le questionnaire.
Le résumé de l’étude « Burnout and Suicidal Ideation among U.S. Medical Students » (Syndrome d’épuisement professionnel et idéation suicidaire parmi les étudiants américains en médecine) .... parue dans les Annals of Internal Medicine précise que le risque plus élevé de suicide commence pendant les études de médecine et s’accroît sensiblement après. Les chiffres sont stupéfiants : le taux de suicide des médecins hommes est supérieur de 40% à celui de la moyenne des hommes, alors que le taux de suicide des femmes médecin est supérieur de 130% à celui de la population féminine générale…
Défini par Freudenberger en 1980
Symptômes: Dr House:
3 grands axes: l'epuisement (vide emotionnel, évidement intérieur, irritabilité, problèmes financiers, dépassement de délai administratif, perte de discernement, de concentration, diminution des capacités intellectuelles, perte de confiance, méfiance.....) la dépersonnalisation des patients (déshumanisation de la relation à l'autre, irritabilité, cynisme, aggressivité....) , la perte de l'accomplissement personnel (sentiment d'échec, isolement pernicieux, perte de l'envie, séparation, divorce.....)
Le syndrome de Burn-Out a été comparé à un syndrome de la mérule émotionnelle. Longtemps celui qui en est atteint donne le change, mais lorsqu’il craque les dégâts psychiques et physiques sont généralement catastrophiques
Pas de traitement évidemment
Reconnu comme maladie professionnelle dans 2 pays.
La première cause des indemnités journalières chez les médecins, correspondent aux causes psychologiques...
Age moyen du suicide: 48 ans
Spécialités les plus concernées? psychiatre, anesthésistes, généralistes
Pourquoi: il semblerait que ce soit ancré dans la problématique même du sens de l'aidant...., une blessure narcissique profonde par idéal élevé....
Il ne s'agirait pas de conclusions simplistes s'appuyant sur des fragilités individuelles....mais bien de fragilisation par le métier même
D'après Yung: les soignats blessés sont les meilleurs soignants...
Constats et chiffres similaires en France, mais on est très loin de cette prise en compte....
c'est pas très porteur médiatiquement.......ne serait ce même pas méprisable ou tabou...
